Avertissement

ATTENTION : il m'arrive de faire des flash-back, c'est-à-dire d'écrire rétrospectivement des épisodes un peu longs, ou que je n'ai pas eu le temps de développer ou de rédiger sur le moment. Comme je suis un peu filou, je triche en les archivant a posteriori à la date à laquelle ils se sont produits. Alors n'oubliez pas de checker les posts antérieurs de temps en temps, il peut y avoir du nouveau même dans le passé !

Cheers.

jeudi 25 février 2016

J’suis trop gavé !

      Nom de Dieu, ils m’ont gonflé les vieux aujourd’hui ! J’avais envie de tous les tuer. Ils ont profité de ce que ni Itō ni Hata-sensei n’étaient là pour « prendre en main » les petits jeunes qui passent des grades, et particulièrement ceux qui viennent de France et qui ne savent pas bien faire tout comme il faut – c'est-à-dire moi.
      Autant Itō est kibishii au sens de sévère, c'est-à-dire qu’il veut que les choses soient exécutées vite et bien tel qu’il le dit, autant les vieux sont kibishii au sens d’exigeant, c'est-à-dire qu’ils ne vous lâchent pas tant que chaque mouvement n’est pas absolument parfait, comme si j'allais passer mon 7ème dan la semaine prochaine. Et quand ils ont une idée en tête, ça peut durer longtemps. Après trois heures d’entraînement de 6 à 9, ils s’y sont mis à trois acharnés et se sont obstinés à me faire exécuter parfaitement uke-nagashi. Non content de faire 5 corrections contradictoires à la fois, ils m’ont fait recommencer le kata des dizaines et des dizaines de fois, en secouant la tête à chaque mouvement, en m’arrêtant à chaque nouvelle étape, ou en prenant leur petit air pincé en inclinant la tête de côté : « Iyaa… mada ! Mo ikkai yatte mite ? ». Et c’est reparti. A la fin, je ne savais plus où étaient ma jambe gauche, ma hanche droite, mes genoux, mes pieds, j’étais sans dessus dessous. C’est les gars du service qui m’ont sauvé en nous virant, parce que la salle était utilisée à partir de 10 heures. Et encore, Yamaguchi-sensei, un très grand type tout maigre et tout en longueur avec juste une couronne de cheveux gris qui va d’une oreille à l’autre, a insisté pour que je refasse une fois tout le cérémoniel d’entrée et de sortie du terrain d’examen, parce qu’il y avait « un petit quelque chose qui clochait et qu’il voulait porter à mon attention ».
      Je peux vous dire que si avec tout ça je n’ai pas mon 3ème dan, je ne sais pas ce qu’il faut subir pour l’avoir !

      Heureusement au Japon, la peine est souvent récompensée, et il m’a offert le petit déj’ après la douche. Un autre senpai qui était à table avec nous a ré-insisté pour que je demande à venir faire les entraînements de kendo le matin au keishichō (la préfecture de police), mais j’ai senti que ça bloquait un peu Itō la dernière fois que ça a été évoqué, et Onikubo ne m’en a pas reparlé non plus, donc j’ai décidé de ne pas insister. Par contre, ce même monsieur m’a dit qu’il pouvait me recommander quand je voudrais dans un dojo près d’Ikebukuro où se trouvent apparemment des professeurs de très bon niveau. J’ai sa carte, j’irai sans doute y faire un tour un jour…

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