Avertissement

ATTENTION : il m'arrive de faire des flash-back, c'est-à-dire d'écrire rétrospectivement des épisodes un peu longs, ou que je n'ai pas eu le temps de développer ou de rédiger sur le moment. Comme je suis un peu filou, je triche en les archivant a posteriori à la date à laquelle ils se sont produits. Alors n'oubliez pas de checker les posts antérieurs de temps en temps, il peut y avoir du nouveau même dans le passé !

Cheers.

mercredi 17 février 2016

Vocation

      Tous mes problèmes sont résolus d’un coup. Aujourd’hui, on vient de me proposer à la fois les deux choses qui manquaient à ma vie pour être un homme accompli : une femme et une bonne position. C'est-à-dire que je me suis vu offrir en même temps d’épouser une belle jeune femme et de devenir prêtre d’un temple bouddhiste du quartier. C’était une offre spéciale, une sorte de package « all inclusive ».

      La petite histoire, c’est que je me suis fait outrageusement draguer durant la leçon de calligraphie d’aujourd’hui par Chiyaki, une élève de Kitamura, qui est une des trois filles du prêtre d’un temple bouddhiste qui est juste derrière l’école Matsuba (on dirait le début d’un conte, non ?). Il se trouve que dans ce cas, il n’y a pas de succession masculine à la fonction, donc si j’ai bien compris, il est important de trouver un mari qui soit prêt à faire le séminaire pour entrer dans les ordres et reprendre le flambeau du père. Un peu comme une adoption à l’ancienne, où l’époux d’extraction plus modeste prenait le nom de la famille de l’épouse pour le perpétuer (parce qu’il ne faut pas croire, le patriarcat, ça s’accommode très bien de ce genre de magouilles. Ce n’est pas parce que les femmes peuvent transmettre leur nom de famille qu’elles deviennent soudainement libres & indépendantes. Vous saviez ça, hein ?).
      Donc moi qui me plaignais de ne jamais trop savoir quand je me faisais draguer au Japon, Chiyaki a levé l’ambiguïté tout de suite. Outre qu’en arrivant elle a commencé à me réciter les quelques phrases de français qu’elle a apprises d’un chef qui habitait près de chez elle, voyant que je calligraphiais, elle a rapidement demandé si ça ne m’intéresserait pas de devenir prêtre bouddhiste. Dites-vous qu’à ce moment-là, la partie était inégale, puisque je ne savais rien de sa situation à elle, mais toute la pièce avertie a éclaté de rire sur cette déclaration, parce que tout le monde sauf moi avait flairé le piège. Ensuite, au cours de la conversation, quand elle a su que j’étais à l’hôtel, elle a déclaré du tac au tac que c’était idiot, que je ferais bien mieux de venir poser mes bagages chez elle. Quand la conversation a tourné sur sa famille et qu’on s’est mis à parler de sa petite sœur, elle a rapidement dit qu’il ne fallait surtout pas que je la rencontre, parce que je la trouverais peut-être plus jolie qu’elle, et ainsi de suite et ainsi de suite, jusqu’à la fin de la leçon, qui s’est du coup déroulée dans une ambiance étrangement ludique, légère et détendue (pas qu’on soit tellement stressés chez Kitamura-sensei, bien au contraire, mais je suis un gars sérieux moi, je ne rigole pas quand j’écris d’habitude, j’ai peur de faire un faux trait).

      Et Kitamura de s’en amuser et d’en rajouter en me disant « tu sais, la secte bouddhiste de son père, c’est une des moins sévères » ou alors en prenant les autres à témoin « c’est vrai qu’elle est mignonne, hein, Chiyaki », etc.
      Bon, si t’as pas compris, t’es demeuré.


      A part ça, on a fait quelques belles petites choses, justement :


Asobu en style gyôsho

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