Avertissement

ATTENTION : il m'arrive de faire des flash-back, c'est-à-dire d'écrire rétrospectivement des épisodes un peu longs, ou que je n'ai pas eu le temps de développer ou de rédiger sur le moment. Comme je suis un peu filou, je triche en les archivant a posteriori à la date à laquelle ils se sont produits. Alors n'oubliez pas de checker les posts antérieurs de temps en temps, il peut y avoir du nouveau même dans le passé !

Cheers.

dimanche 21 février 2016

Le Japonais facile (en 4 ou 5 verres)

      Prenez 1 bon verre de bière, ajoutez-y 3 ou 4 ume-shû rokku, laissez reposer le tout 15 minutes ; ça y est, vous parlez parfaitement japonais, et vous comprenez parfaitement vos interlocuteurs (qui sont plus ou moins dans le même état de grâce que vous). Mieux que la méthode Assimil. Et moins cher ! Pas moyen de payer, il a encore fallu que je me fasse inviter par tout le monde chez Ari-san, le petit resto chinois de quartier qui accueille depuis maintenant 5 ans les rendez-vous de la Shimizu-Team. Tout est fait maison, c'était excellent, comme d'habitude. Il y avait bien sûr Yukiko, qui avait réservé les lieux, et puis madame Yamaguchi, le fils Kataoka Shôta et Shintani-sensei, et puis à ma table l'équipe de choc : Shimizu-san himself, Kataoka-sensei, et à mes côtés le fidèle Nagase, qui s'est fait chambrer toute la soirée parce qu'il boit plus qu'il ne mange. On a parlé kendo, kendo, kendo, mais aussi diététique, football, blessures & os brisés, et ainsi de suite, et on a franchement rigolé. Comme quoi, le japonais, c'est pas si compliqué. Il suffit de quelques verres, là.

     Tout le monde s'est aussi demandé en cœur pourquoi c'était si facile de me battre alors que j'avais un bon kamae (une bonne posture de garde) et que j'étais très rapide. Kataoka-sensei a dit qu'il étudiait activement la question ces derniers temps (quel honneur d'être l'objet de recherche d'un 7ème dan !), et au-delà des conseils qu'il m'a donné aujourd'hui sur le seme (la manière d'entrer de façon menaçante dans la garde adverse), il m'a dit qu'il pensait que ça avait à voir avec mon armé : la réponse unanime, c'est que je suis trop gentil. Je ne suis pas capable de présenter dans mes assauts une opposition inconditionnelle. Notamment dans l'armé, Kataoka dit que j'ai tendance à découvrir l'axe de mon casque au lieu de foncer droit à l'adversaire. Nagase, qui m'a gagné en ippon-shobu peu avant, dit qu'avec moi c'est comme s'il voyait des petites cibles blanches s'afficher durant le combat sur les endroits à frapper. Bref, j'ai une sorte de kendo pédagogique...
      Voilà donc aussi l'intérêt des nomikai d'après keiko : c'est là que les professeurs vous parlent vraiment de kendo et posent les questions profondes. J'ai toujours connu Kataoka comme ça : il est très gentil et donne des explications précieuses après l'entraînement, mais il se révèle particulièrement quand on va boire un coup avec lui. Dans ces moments-là, on sent la passion du kendo qui l'anime, parce qu'il peut en parler pendant des heures sans se lasser et sans laser son auditoire non plus.
       Reste maintenant à méditer tout ça et à changer de personnalité, encore.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire